RECLAMER LE DROIT A LA SECURITE N’EST PAS UN CRIME : PATRICK KABAMBA, MILITANT DE LA LUCHA DETENU PAR LA POLICE DE FUNGURUME DEVRAIT ETRE LIBÉRÉ
Les ONGDH, membres du Réseau de protection des défenseurs des droits humains, Groupe Ukingo wa watetezi, (GRUWA), sont indignées par l’arrestation arbitraire et détention illégale du militant de la Lutte pour le changement, LUCHA, Patrick KABAMBA, depuis le 24 février 2026 par le commandant de la police nationale congolaise de Fungurume.
En effet, la LUCHA avait introduit au bureau de la bourgmestre de la Commune rurale de Fungurume une lettre d’information pour un sit in devant les bureaux de la Commune en vue de dénoncer les cas d’insécurité en cette partie de la Province du Lualaba. La manifestation avait effectivement eu lieu le 12 février 2026 et ce sans qu’aucune personne ne soit interpellée. Contre toute attente, la victime va recevoir une convocation du Commissariat de la police Fungurume. Et en bon citoyen et ne se reprochant de rien il va repondre à cette convocation et c’est à cette occasion là qu’on va l’arreter au motif d’avoir été instigateur de la manifestaion publique sus évoquée.
C’est ici l’occasion de rappeler le cas des militants de LUCHA MARUBA Mathias, Exaucé OKIA NKOY, USENI Charles et Jean wa Mukolo NSIMBA qui avaient tenté à Kalemie d’organiser le 20 janvier 2026 pour être relâchés un jour après alors que leur démarche consistait aussi à dénoncer les cas d’insécurité dans la Ville de Kalemie et ses environs.
Il est curieux de constater que dans plusieurs provinces le droit à la liberté de manifestation fait l’objet de restriction alors que les raisons pour lesquelles il est à mis en oeuvre ne tient compte que d’un intérêt public et ne pouvait aucunement faire l’objet d’obstruction.
Les ONGDH font observer que le droit à la liberté de manifestation est garanti par la constitution en son article 26, alinéa 2 qui dispose ; ‘’Toute manifestation sur les voies publiques ou en plein air, impose aux organisateurs d’informer par écrit l’autorité administrative compétente.’’ Chose qui fut faite pour le cas d’espèce.
Pour toutes ses raisons, les ONGDH recommandent :
- A Madame le Gouverneur de la Province du Lualaba
- De veiller à la protection des défenseurs des droits humains sur la base la loi n°23/027 du 15 juin 2023 portant protection et responsabilité des défenseurs des droits humains de la République démocratique du Congo.
- Au Procureur Général près la Cour d’Appel du Lualaba
- D’ordonner la libération du militant de la LUCHA et ce sans aucune condition;
- De sanctionner l’officier de police judiciaire qui se serait compromis dans ce nième cas d’arrestation arbitraire qui ternit de plus en plus l’image de la justice en RDC.
Fait à Lubumbashi, le 25 février 2026
Coordination GRUWA
